Géographie: Arles et son histoire
Arles, la plus vaste commune de France La commune d'Arles se caractérise par son étendue puisqu'avec une superficie de 72 000 ha. elle est la plus grande de France. Sa population se répartit entre l'agglomération centrale et onze villages dont le plus éloigné se situe à près de 40 km du centre-ville.
Son territoire englobe trois espaces naturels remarquables : les Alpilles au nord, la Camargue au sud et la Crau à l'est. Il a été fortement marqué par la présence du Rhône qui traverse le centre-ville et dont le delta forme la Camargue.
Ce point de rencontre entre une route terrestre reliant l'Italie à l'Espagne et une voie fluviale, le Rhône, n'avait pas échappé aux Grecs qui, dès le VIe siècle av. J.-C., entreprirent de s'implanter en territoire ligure. Jules César envoya en septembre 46 av. J.-C. les vétérans de la VIe légion qui fondèrent une colonie de droit romain dotée d'un immense territoire. Très vite prospère, la ville s'enrichit de superbes monuments : forum, temples.
Au XIIe siècle sont édifiés la primatiale Saint-Trophime et les bâtiments canoniaux, autour d'un cloître. En plein essor économique et géographique, Arles accueille les pèlerins qui se dirigent vers Saint-Jacques-de-Compostelle. La ville connaît au milieu du XVIe siècle, un moment de prospérité où peut s'épanouir une Renaissance toute imprégnée de culture antique.
La période de reconstruction des XVIIe et XVIIIe siècles a donné à Arles son image actuelle : l'Hôtel de ville, la plupart des hôtels particuliers, des maisons, bordant les rues du secteur sauvegardé datant de cette époque.
Arles est aussi un lieu d'imaginaire. Par la splendeur des éléments naturels - le Rhône, la lumière, le vent - elle n'a cessé d'attirer des artistes. La ville se tourne aujourd'hui, par ses projets, vers la modernité. Le Musée de l'Arles et de la Provence antiques construit par Henri Ciriani marque le XXe siècle.
Cet ouvrage reprend divers textes relatifs au patrimoine arlésien, en lien avec l'histoire politique de la ville, celle de son évolution topographique et les types architecturaux.
Il en résulte une vision transversale, où chaque élément patrimonial est ainsi replacé dans son contexte.
Edition Ville d'Arles
(service du patrimoine), 1999.
Arles, le guide : musées, monuments, promenades
Après une vaste introduction résumant l'histoire de la ville, les auteurs (professionnels de l'histoire, de l'architecture et du patrimoine) nous proposent divers itinéraires d'approche des richesses patrimoniales arlésiennes. Un guide pratique enrichi d'un solide contenu, qui répondra aux curiosités les plus diverses.
Coordination Odile Caylux - Paris : Editions du patrimoine, 2001 - 142 p.
En vente en librairie (12 €).
Pourquoi les secteurs sauvegardés
L'intérêt historique, culturel et esthétique des villes anciennes ne peut pas se résoudre à la seule superposition de leurs éléments remarquables. Si à une époque, le patrimoine bâti se limitait aux monuments historiques, à partir du milieu du XXe siècle, cette notion s'est étendue aux ensembles urbains.
Pour éviter les destructions massives des centres ville, à la fin des années 1950, prônées par l'idéologie hygiéniste dans le cadre d'opérations de rénovation urbaine, la loi Malraux a proposé une vision plus fine de la prise en compte des problèmes urbains en considérant que la dynamique urbaine doit s'appuyer sur la ville existante. Contre la destruction et la rénovation des quartiers anciens, elle a proposé des outils réglementaires et financiers qui en permettent la conservation et la mise en valeur.
La loi du 4 août 1962 a mis en place un dispositif spécifique, le plan de sauvegarde et de mise en valeur, qui remplace le plan d'occupation des sols à l'intérieur du périmètre du secteur sauvegardé.
Dès qu'il est opposable (applicable) ce document sert :
· à l'identification et à la protection des éléments constitutifs du patrimoine urbain,
· à la gestion opérationnelle prenant en compte les aspects sociaux, économiques et juridiques,
· comme guide pour la restauration et la mise en valeur.
Le pari d'André Malraux, en 1962, que l'on peut considérer aujourd'hui comme réussi, était de concilier deux impératifs qui pouvaient paraître jusque là opposés : conserver notre patrimoine architectural et améliorer les conditions de vie et de travail des Français.
Lorsqu'il a été créé en 1966, quatre ans après le vote de la loi, le secteur sauvegardé d'Arles a fait l'objet d'un long travail d'étude avant d'être soumis à l'enquête publique en 1987. La raison d'une aussi longue maturation, après l'intervention de trois chargés d'étude, est le décalage entre les objectifs avant-gardistes de la loi Malraux et l'évolution des mentalités concernant le patrimoine et plus particulièrement le patrimoine urbain.
En effet, entre le début des années 1960 et la fin des années 1980, le rapport de force entre les responsables de l'aménagement et les défenseurs du patrimoine s'est radicalement inversé. L'opinion publique s'est de plus en plus intéressée à cette question, ce qui permet à l'ensemble des responsables administratifs et politiques de mettre en place des outils de protection avec une grande aisance. Si on examine les trois dossiers rendus par les chargés d'étude désignés par l'Etat : Messieurs Patout, Canac et Joly, on s'aperçoit que, même si ces architectes ont été choisis pour leur compétence en matière de patrimoine et d'urbanisme, ils ont fait des propositions très différentes les unes des autres.
Le périmètre du plan de sauvegarde et de mise en valeur d'Arles englobe tous les îlots situés à l'intérieur de l'enceinte. Cette emprise correspond à la ville médiévale, dans son état tardif, et recouvre les quartiers les plus anciens tel que l'Hauture ou la Cité dont les fondements remontent à l'Antiquité.
Ce territoire limité par les remparts, présente des caractéristiques urbaines très particulières, fruit d'un long travail de sédimentation de la ville et de superpositions parfois étonnantes qui en font un site exceptionnel.
Certains îlots contiennent des vestiges importants de monuments antiques d'époque gallo-romaine réinvestis depuis la période médiévale jusqu'à nos jours. Une grande partie du patrimoine monumental d'Arles est donc cachée dans les intérieurs d'immeubles ou dans les caves et n'est visible que par les occupants des lieux.
D'autres richesses artistiques sont situées sur le domaine public, sur les façades, mais sont dissimulées par des enduits. Les campagnes de ravalement de façade sont donc des occasions privilégiées de remettre au jour des ouvertures anciennes voire des décors peints ou sculptés. Ce travail délicat doit être conduit avec précaution, en prenant soin de choisir les techniques de nettoyage appropriées.
La mise en S uvre du règlement du secteur sauvegardé a du intégrer la présence de ce patrimoine identitaire de la ville en établissant un ensemble de mesures de protection. Un principe simple peut être retenu : tous les éléments architecturaux remarquables situés à l'extérieur ou à l'intérieur des immeubles sont à conserver et à mettre en valeur. Le règlement du plan de sauvegarde encourage la conservation des dispositions intérieures sans en faire une règle absolue. La création architecturale a sa place à l'intérieur du secteur sauvegardé dans l'objectif d'établir un dialogue intéressant entre patrimoine et modernité.
Ces règles sont traduites par un document graphique qui détermine une hiérarchie entre les monuments historiques, les immeubles dont les façades ou les intérieurs sont à conserver, les immeubles faisant l'objet d'une servitude d'alignement ou de démolition et ceux de droit commun qui ne font l'objet d'aucune remarque.
La protection des espaces urbains est également un des objectifs du plan de sauvegarde. La mise en valeur de séries d'immeubles du même type, le traitement des places, la conservation des alignements d'arbres et des espaces boisés sont réglementés en laissant, une fois encore, une certaine souplesse dans les aménagements et la fonctionnalité des lieux.
L'esprit du secteur sauvegarde d'Arles, consiste ainsi à conserver le mieux possible tout ce qui concourt à l'identité de la ville, tout en laissant une place importante à la création architecturale, loin de l'idée d'une ville-musée. C'est un lieu de rencontre privilégié entre mémoire et projet.
Toits et terrasses
Autrefois, la fonction d'un toit, sur une maison, n'était que de fournir un abri et la pièce qu'il couvrait n'était bien souvent qu'un grenier. Maintenant de nombreuses terrasses ont été créées, d'autres aménagées et prennent, par notre goût de la lumière, la qualité de pièces de séjour d'été. Poussés par le même intérêt, et par la possibilité de percer les toits, l'on voit de plus en plus de pièces à vivre se loger en combles. Il est donc essentiel de soigner l'esthétique de ce qui sera notre perspective habituelle dans l'avenir. Choix des matériaux nobles, soin dans l'exécution, le splendide paysage des toits d'Arles ne doit rien perdre de sa qualité.
Menuiseries
Pour qui prend le temps de les observer, les menuiseries anciennes méritent le titre d'oeuvres d'art. Matériaux nobles, recherche constante de la juste proportion, soin extrême apporté à l'exécution, en font des pièces uniques, d'une qualité remarquable. La recherche de nouvelles performances techniques nous amène, à tort ou à raison, à l'idée de les remplacer. Outre le fait que la rentabilité réelle du changement reste à étudier pour chaque cas, il convient de mesurer la qualité de ce que l'on veut sacrifier. Pour conférer du caractère aux menuiseries nouvelles, il est possible de réemployer les ferrages anciens.
Ferronnerie, serrurerie
Les héritiers du savoir-faire immémorial des façonneurs de métal, les ferronniers ont laissé à Arles au XVIIIe siècle, d'exceptionnels témoignages de virtuosité, pièces uniques pensées, dessinées et réalisées par ces artisans. Le XIXe siècle connaîtra l'âge d'or de la fonte qui rend accessible le prix de décors extrêmement élaborés. Il nous est donc imposé, pour ne pas faire trop pâle figure devant ces grands ancêtres, de prendre exemple, lorsque nous devons compléter ou restaurer ces ouvrages, sur leur goût si subtil de la proportion.
Façades
Comme un visage humain, la façade d'un immeuble, qu'il soit palais, maison ou écurie, reflète son ou ses histoires, son âge, sa santé. Lorsqu'on restaure une façade, il est important de ne pas banaliser ses caractéristiques, qui la rendent unique. C'est là un exercice périlleux, car il faudra s'interroger sur chaque phase de travail, de la tâche la plus générale au détail le plus tenu. La condition essentielle d'une réussite est de parvenir à lire ce qui la compose et qu'il faudra respecter.
Commerces, enseignes
Depuis le déplacement d'une partie de l'offre commerciale en périphérie des villes, la lente disparition des boutiques dans les centres semblait inéluctable. Or, nous avons constaté un maintien du nombre des commerces, puis un redémarrage parfois étonnant de ce secteur. Mais le commerce a changé ; il est devenu évident que la concurrence avec les zones commerciales ne pourrait se faire que si l'offre était spécifique. Les produits de qualité présentés dans un cadre élégant et agréable trouvent naturellement leur clientèle dans les centres des villes. Un ingrédient essentiel de la réussite d'un commerce est son intégration à l'immeuble, à la rue, à l'îlot. La sobriété, alliée à l'esprit d'insertion, permet le dialogue du patrimoine et de la pratique commerciale.
Les intérieurs
La protection qui s'exerce sur les bâtiments du secteur sauvegardé ne s'arrête pas aux seuils des maisons. En effet, afin d'éviter les destructions, par ignorance ou par intérêt, d'éléments bâtis de grande qualité (cheminées, escaliers, décors,...) une disposition réglementaire prévoit que les travaux intérieurs doivent être autorisés par l' Architecte des Bâtiments de France. Le maintien et la restauration d'éléments authentiques constituent un enjeu culturel certes, mais aussi un intérêt économique, car la valeur d'un immeuble conservé est toujours supérieure à celle d'un immeuble transformé, même avec des prestations de qualité.
Projet urbain : un centre historique vivant
L'intervention dans le centre historique de la ville ne doit pas se limiter à des
Diversifier et améliorer l'habitat
L'opération programme pour l'amélioration de l'habitat (O.P.A.H.) actuelle couvre la totalité du centre ancien. Les diverses O.P.A.H. précédentes ont largement contribué à l'amélioration générale du secteur sauvegardé. Le processus de paupérisation est maintenant enrayé. Dans le cadre de la nouvelle O.P.A.H., l'effort devra être maintenu pour augmenter l'offre de logements à loyer maîtrisé, dans le centre, tout en l'accentuant sur les propriétés publiques à valoriser (école Portagnel, hôtel de Chartrouse, îlot Léon Blum).
Diversifier l'offre commerciale, densifier le circuit, mener une action sur les devantures et enseignes
Un circuit commercial cohérent, permettant un cheminement, a été déterminé. Il a été partiellement aménagé pour ce qui concerne les voiries ; il le sera totalement à terme. Mais l'aménagement de ce circuit ne peut être une fin en soi, car il faut que la cohérence s'exerce aussi, tant pour compléter l'offre commerciale que pour obtenir des devantures de qualité, de belles enseignes, l'amélioration du stationnement, les expériences de piétonisation. Les animations commerciales doivent accompagner cette priorité.
Accompagner les sites culturels majeurs, restructurer les ensembles culturels, afficher l'image des espaces structurants
Si les monuments mythiques du patrimoine que sont l'amphithéâtre et le théâtre antique ainsi que le théâtre municipal ont pu trouver projet et financement pour leur restauration et leur aménagement, en respectant autant le monument que le lieu de spectacle, il ne faut jamais négliger leur position dans la ville et le lien qu'il faut rendre évident pour l'usager. L'espace public doit être progressivement amélioré au bénéfice du piéton par une reprise du revêtement, voire de la configuration des sols (places de la République, du Forum, Wilson, Voltaire, belvédère de la Major, promenade des remparts, boulevard des Lices.
Par ailleurs, la mise en valeur de grands axes doit être confortée, notamment par la signalétique :
· le long des quais, depuis la gare SNCF, par la mise en scène du musée Réattu, du musée de l'Arles et de la Provence antiques (plan lumière, cheminement, confortement des quais),
· le long des boulevards depuis les ateliers SNCF via Saint-Césaire, le théâtre municipal, jusqu'au pont van Gogh.
Dans l'exploitation économique de la filière patrimoine-culture, il est possible d'attirer, en centre-ville, des entreprises que l'on peut installer dans des lieux emblématiques du patrimoine, raccordés à des réseaux à haut débit.
Le succès de l'implantation du L.E.R.M., dans les anciens réservoirs d'eau de la ville, la confirmation du projet du médiapôle Saint-Césaire articulé au projet des ateliers de la SNCF.
L'on découvre, au hasard d'une promenade à Arles, de nombreux espaces dont le charme est évident, mais qui sont, la plupart du temps, dégradés. Leur requalification passe par :
· un traitement du sol,
· une carte de gestion du domaine public à négocier avec les usagers
· un plan propreté saisonnier, accentué par des mesures concernant l’action civique des citoyens (toilettes, gestion des déchets),
· un plan signalétique progressivement appliqué et un règlement local de publicité approuvé.